Marché de la bière en France : ce que les données de vente révèlent en 2026

Dans les bars, restaurants et autres établissements hors domicile, la bière n’est pas une catégorie figée. Les équilibres évoluent, certaines sous-catégories gagnent du terrain tandis que d’autres reculent, et les niveaux de prix restent très différents selon les styles.
L’analyse des données sell-out observées par Fyre sur un panel comparable de 1 207 établissements en France, représentant plus de 3,2 millions de transactions, permet de mettre en lumière plusieurs mouvements sur les 26 dernières semaines disponibles.
Les lagers renforcent leur poids dans la catégorie
Premier constat : Pilsner & Other Lagers continuent de gagner du terrain.
Sur la période analysée, leur part dans le chiffre d’affaires Beer & Cider progresse de 0,7 point, pour atteindre 32% du revenu de la catégorie.
C’est aujourd’hui la première sous-catégorie identifiée du panel Fyre en France.
Cette progression est d’autant plus intéressante qu’elle est calculée sur un panel comparable d’établissements. Autrement dit, le mouvement observé ne vient pas simplement de l’arrivée ou du départ de nouveaux points de vente dans l’échantillon.
Il traduit bien une évolution de la structure des ventes au sein des établissements suivis.
Le sans alcool poursuit également sa progression
Autre signal à surveiller : celui des Non-Alcoholic Beers.
Leur part de chiffre d’affaires progresse de 0,4 point sur un an et atteint désormais 2,8% de la catégorie.
Cela reste une part relativement modeste du marché observé, mais la dynamique est positive.
Pour les marques, ce type de mouvement mérite d’être suivi dans le temps : la progression est-elle concentrée dans certains types d’établissements ? Certaines zones géographiques ? Certains moments de consommation ?
La donnée nationale constitue ici un premier signal. L’enjeu consiste ensuite à comprendre où et comment cette croissance se construit.
Toutes les sous-catégories ne progressent pas
La transformation du mix se fait nécessairement au détriment d’autres segments.
Ale Beers : -0,7 point
Belgian-Style Beers : -0,7 point
Specialty Beers : -0,4 point
Ces mouvements ne signifient pas nécessairement que les ventes de ces catégories s’effondrent en valeur absolue. Ils indiquent avant tout qu’elles représentent une part moins importante du revenu total Beer & Cider qu’un an auparavant.
C’est une distinction importante : évolution des ventes et évolution de la part de marché ne racontent pas exactement la même chose.
Le marché de la bière en France est encore très fragmenté derrière les lagers
La structure du chiffre d’affaires montre également une catégorie relativement diversifiée.
Pilsner & Other Lagers : 32%
Ale Beers : 15%
Belgian-Style Beers : 10%
Wheat Beers : 5%
Specialty Beers : 4%
Beer Cocktails & Mixed Drinks : 3%
Non-Alcoholic Beers : environ 3%
Ciders : 2%
Dark Beers : 1%
Une part importante du chiffre d’affaires — environ 24% — n’est pas encore attribuée à une sous-catégorie détaillée dans le référentiel.
La lecture doit donc rester prudente, mais elle permet déjà de comprendre les grands équilibres du marché observé.
De €4,78 à €7,12 : des positionnements prix très différents
Les écarts sont également importants lorsqu’on regarde le prix moyen de vente.
Dark Beers : €7,12
Ciders : €6,60
Ale Beers : €6,59
Wheat Beers : €6,53
Belgian-Style Beers : €6,19
Specialty Beers : €5,92
Non-Alcoholic Beers : €5,57
Pilsner & Other Lagers : €5,21
Beer Cocktails & Mixed Drinks : €4,78
Ces écarts ne doivent pas être interprétés uniquement comme des différences de politique tarifaire. Ils peuvent également refléter des différences de formats, de circuits, de types d’établissements ou de mix produits.
Mais ils donnent une première indication intéressante sur le positionnement économique des différentes sous-catégories dans le hors domicile.
Le cidre : un signal prix à suivre
Parmi les mouvements observés, le cidre présente également un signal intéressant.
Son prix moyen de vente atteint €6,60, soit une progression de 5,1% par rapport à la même période un an plus tôt.
À lui seul, ce chiffre ne permet pas de déterminer l’origine de cette hausse.
Elle peut venir d’une augmentation tarifaire, d’un changement de mix produits, de formats différents ou encore d’une évolution des établissements dans lesquels le cidre est consommé.
C’est précisément là que l’analyse détaillée du sell-out devient intéressante : constater le mouvement est une première étape, comprendre ce qui le provoque est la suivante.
Ce que ces données changent pour les marques
Pris séparément, chacun de ces chiffres est intéressant. Mis ensemble, ils permettent surtout de faire émerger de nouvelles questions.
Quels styles de bière gagnent réellement du terrain dans chaque type d’établissement ? La progression des lagers est-elle homogène selon les régions ? Quels circuits tirent la croissance du sans alcool ? Les variations de prix viennent-elles d’un véritable effet tarifaire ou d’un changement de mix ? Quelles marques captent les évolutions observées au niveau de la catégorie ?
C’est à ce niveau que la donnée sell-out apporte une lecture différente des données traditionnelles de sell-in.
Elle permet de se rapprocher de ce qui se passe réellement au comptoir et sur le ticket de caisse.
À retenir
Sur les 26 semaines analysées par Fyre en France, trois signaux ressortent particulièrement : les Pilsner & Other Lagers renforcent leur position, avec +0,7 point de part de revenu ; les bières sans alcool poursuivent leur progression, avec +0,4 point ; et les écarts de prix entre sous-catégories restent importants, avec des prix moyens allant de moins de €5 à plus de €7.
Des évolutions qui montrent une chose : derrière une catégorie aussi installée que la bière, le mix de consommation continue de bouger.
Méthodologie
Analyse du marché de la bière en France basée sur les données POS sell-out Fyre en France sur un panel comparable de 1 207 outlets et 3 248 748 transactions.
Période actuelle : 19 janvier au 20 juillet 2026. Période de comparaison : 20 janvier au 21 juillet 2025.
Les données décrivent le panel Fyre France et ne doivent pas être interprétées comme représentant l’ensemble du marché français Beer & Cider.







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