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Du Spritz au mocktail : les nouvelles frontières du cocktail européen

il y a 4 heures
5 min de lecture

Saveurs, sans-alcool, prix : les données de caisse racontent une transformation plus profonde que la simple montée du Spritz


cocktail européen

Dire que le Spritz progresse ne raconte qu’une partie de l’histoire.


Lorsque l’on regroupe les cocktails par familles de produits et par profils aromatiques, une transformation plus profonde apparaît : les saveurs amères et orangées prennent de l’importance, le sans-alcool devient mesurable partout et le cocktail conserve une forte capacité à générer de la valeur.


Pour les marques de boissons, ces évolutions constituent autant de signaux pour travailler l’innovation, les formats prêts à servir ou encore le positionnement prix.



L’orange amère devient le dénominateur commun


Premier enseignement : le profil « bitter orange » arrive en tête dans les quatre marchés étudiés.


Les consommateurs ne commandent donc pas seulement davantage d’Aperol Spritz. Ils semblent plus largement se tourner vers une famille de goûts construite autour de l’amertume, de l’orange et de l’apéritif.

En Allemagne, la tendance est particulièrement nette : les cocktails de type bitter orange et Spritz représentent 41 % des cocktails nommément classés par profil aromatique.


Derrière eux viennent :

• menthe & citron vert : 9 %

• cola : 6 %

• genièvre & tonic : 6 %

• profils énergisants : 4 %


Mais après ce premier goût commun, les marchés se différencient fortement.


Le café occupe une place particulièrement importante au Royaume-Uni. Le cola ressort aux Pays-Bas. En France, les profils menthe-citron vert et cassis font partie des signatures les plus distinctives.


Pour une marque, c’est un rappel utile : un même concept produit ne trouvera pas forcément son meilleur marché partout.



Quand on raisonne en familles, le Spritz gagne encore du terrain


L’analyse par famille confirme le mouvement observé au niveau des recettes.


En France, la famille Prosecco & Spritz gagne 1,2 point de part du chiffre d’affaires cocktail en un an.

Aux Pays-Bas, les apéritifs & bitters progressent de 0,9 point.


À l’inverse, les familles autour du rhum reculent : -0,8 point en France et -2,2 points aux Pays-Bas. Les cocktails à base de vodka diminuent également de 1,7 point en France.


En Allemagne, la concentration est encore plus spectaculaire : les cocktails de type bitter et Spritz représentent à eux seuls 45 % du chiffre d’affaires total de la catégorie cocktail.


Le Royaume-Uni suit une logique différente. Les spiritueux accompagnés d’un mixer y restent particulièrement puissants, tandis que la tequila constitue une poche de valeur intéressante : elle représente 7,4 % du chiffre d’affaires cocktail pour un prix moyen de £8,27.


La bonne stratégie n’est donc pas nécessairement de répliquer la même gamme partout, mais de déterminer quelle famille gagne, dans quel marché et à quel niveau de prix.



Le mocktail devient une vraie catégorie mesurable


Autre signal à surveiller : le cocktail sans alcool est désormais visible dans les tickets de caisse des quatre pays.


La France affiche la part la plus élevée : les mocktails représentent 7,0 % du chiffre d’affaires cocktail, avec une progression de +0,24 point.


Le Royaume-Uni suit avec 6,1 %.


Aux Pays-Bas, la part reste plus faible, à 3,0 %, mais gagne 0,26 point.


C’est en Allemagne que la dynamique est la plus forte : les mocktails ne pèsent encore que 2,7 % du chiffre d’affaires cocktail, mais progressent de +0,58 point en un an.


Ce n’est donc pas uniquement la taille actuelle de la catégorie qu’il faut regarder, mais sa vitesse de développement.



Sans alcool ne veut pas dire low value


Autre enseignement intéressant : le cocktail sans alcool n’est pas nécessairement vendu comme une alternative à bas prix.


En France, le mocktail moyen est vendu 7,61 €, soit environ 83 % du prix moyen d’un cocktail européen classique.

Aux Pays-Bas, son prix moyen atteint même 8,17 €. Il est de 6,60 € en Allemagne et de £3,30 au Royaume-Uni.


Le potentiel du sans-alcool ne repose donc pas uniquement sur une logique de substitution. Le mocktail peut devenir une véritable occasion premium, à condition de travailler la recette, l’expérience et la perception de valeur.



Le cocktail européen conserve un premium important face à la bière


Cette capacité à générer de la valeur apparaît également lorsque l’on compare le prix moyen d’un cocktail à celui d’une bière.


Dans le panel Fyre :

• France — Cocktail : 9,12 € ; Bière : 6,17 €

• Allemagne — Cocktail : 7,91 € ; Bière : 4,25 €

• Pays-Bas — Cocktail : 7,72 € ; Bière : 4,09 €

• Royaume-Uni — Cocktail : £4,63 ; Bière : £4,21


Aux Pays-Bas et en Allemagne, un cocktail coûte ainsi presque deux fois le prix d’une bière. Le ratio est d’environ 1,5 en France, mais seulement 1,1 au Royaume-Uni.


Ce dernier résultat mérite toutefois d’être nuancé : le marché britannique comprend beaucoup de shots et de spiritueux accompagnés d’un mixer, ce qui tire la moyenne vers le bas.


Lorsque l’on ne regarde que des cocktails plus classiques — d’Aperol Spritz à Espresso Martini — le prix moyen britannique atteint £8,12.


En France, l’effet du type d’établissement est également très visible : dans les hôtels, le prix moyen d’un cocktail atteint 11,25 €.



Une lecture particulièrement utile pour l’innovation et les RTD


Pour les industriels, l’intérêt de ces données va au-delà du constat de tendance.


Elles permettent de poser des questions très concrètes :

Quel profil aromatique faut-il privilégier dans chaque pays ? Où existe-t-il suffisamment de valeur pour lancer une offre premium ? Dans quels marchés le sans-alcool offre-t-il le meilleur potentiel ? Quel format RTD pourrait s’intégrer naturellement aux habitudes déjà observées ?


La data de consommation transforme ainsi une tendance en brief d’innovation.


Et c’est probablement là que se joue la différence entre suivre une mode et identifier une véritable opportunité de marché.


Méthodologie

Les résultats reposent sur les tickets de caisse complets reçus quotidiennement par Fyre depuis environ 33 000 établissements européens directement connectés à leur POS.

Le périmètre comprend les établissements avec ventes de boissons alcoolisées observés dans le panel Fyre en France, Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas. Les chiffres ne sont pas extrapolés à l’ensemble du marché.

Fyre classe les produits dans sa catégorie « Cocktails & Mixers », qui comprend les cocktails alcoolisés et sans alcool et 22 familles définies notamment selon la base spiritueuse.

Les profils aromatiques sont construits à partir des cocktails dont le nom peut être identifié sur les lignes de tickets, puis regroupés dans des familles de saveurs. La part du chiffre d’affaires pouvant être attribuée précisément à un nom varie selon les pays : 79 % en Allemagne, 72 % aux Pays-Bas, 59 % en France et 36 % au Royaume-Uni.

Les prix sont exprimés dans leur devise locale. Les prix britanniques en livres sterling ne sont pas convertis en euros ; toute comparaison graphique entre pays doit donc être considérée comme indicative.

Aucune cellule reposant sur moins de 30 établissements n’est publiée.

 
 
 

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