Cocktails en Europe : le Spritz s’impose, mais chaque marché garde ses codes

France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas : les cocktails progressent partout, mais pas de la même manière
Le cocktail gagne du terrain dans les quatre marchés européens analysés par Fyre.
Au premier semestre 2026, il représente 16,4 % du chiffre d’affaires des boissons alcoolisées en France, contre 10,9 % en Allemagne, 7,0 % aux Pays-Bas et 6,4 % au Royaume-Uni.
Plus intéressant encore : sa part progresse dans les quatre pays étudiés et ne recule dans aucun.
Mais derrière cette tendance commune se cachent des marchés très différents. La France pèse davantage en valeur, l’Allemagne affiche la dynamique la plus forte, tandis que le Royaume-Uni et les Pays-Bas présentent des occasions et des profils de consommation bien spécifiques.
La France reste le marché où le cocktail pèse le plus
Avec 16,4 % du chiffre d’affaires des boissons alcoolisées, la France arrive nettement en tête des quatre marchés analysés.
Le cocktail est par ailleurs présent dans 87 % des établissements français du panel vendant des boissons alcoolisées. Il ne s’agit donc plus d’une offre réservée aux seuls bars spécialisés : le cocktail s’est largement diffusé dans le hors-domicile.
En Allemagne, sa part atteint 10,9 %, mais c’est surtout sa dynamique qui ressort. Sur un panel constant de 12 406 établissements, la catégorie gagne +0,36 point sur un an, soit la progression la plus rapide observée parmi les marchés étudiés.
Les Pays-Bas et le Royaume-Uni affichent des poids plus faibles, respectivement 7,0 % et 6,4 %, mais là encore la catégorie progresse.
Autrement dit : le cocktail n’est pas seulement une catégorie importante. Il continue à prendre de la place dans le mix boissons.
Aperol Spritz : le cocktail par excellence en Europe ?
Lorsque l’on descend au niveau des recettes identifiées sur les tickets de caisse, un nom domine très largement : Aperol Spritz.
Il est le cocktail numéro un en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
En Allemagne, la domination est spectaculaire : 39,3 % du chiffre d’affaires des cocktails nommément identifiés provient de l’Aperol Spritz. Il devance très largement le Mojito, à 6,8 %, et le Gin & Tonic, à 5,8 %.
Aux Pays-Bas, l’Aperol Spritz représente 20,0 % du chiffre d’affaires des cocktails identifiés, devant Rum Cola à 12,5 % et Mojito à 9,3 %.
Au Royaume-Uni, il arrive également premier avec 18,7 %, devant le Baby Guinness à 10,0 % et l’Espresso Martini à 7,9 %.
Seule la France résiste vraiment à cette domination.
La France conserve un podium très local
En France, le Mojito reste numéro un, avec 15,0 % du chiffre d’affaires des cocktails identifiés.
Il est suivi par le Kir à 10,2 %, puis par le Spritz à 9,9 %.
Un podium qui illustre une caractéristique importante du marché français : à côté des tendances internationales, les références historiquement ancrées dans les habitudes locales restent extrêmement fortes.
Mais cette hiérarchie pourrait évoluer rapidement.
Car lorsqu’on regarde non plus seulement le poids des cocktails, mais leur momentum, le Spritz est clairement en train de prendre l’avantage.
Le Spritz est surtout le grand gagnant de la croissance
L’Aperol Spritz est le cocktail qui gagne le plus de terrain dans chacun des marchés où l’évolution peut être mesurée :
+2,2 points aux Pays-Bas
+0,9 point en France
+0,5 point en Allemagne
Et il n’est pas seul.
La famille Spritz progresse également via d’autres références : Campari Spritz gagne 0,4 point en Allemagne, St-Germain Spritz 0,4 point en France et Limoncello Spritz 0,4 point aux Pays-Bas.
Le phénomène dépasse donc largement une seule marque ou une seule recette.
À l’inverse, certains cocktails historiques perdent du terrain. Le Mojito recule notamment de 1,2 point en France et de 0,3 point en Allemagne.
Aux Pays-Bas, les cocktails à base de cola ralentissent également.
Un autre cocktail mérite néanmoins d’être surveillé : l’Espresso Martini, qui figure dans le top 6 des cocktails identifiés dans chacun des quatre marchés étudiés.
Quatre pays, quatre façons de boire des cocktails en Europe
Ces données montrent surtout qu’il serait risqué de raisonner en termes de « marché européen du cocktail » comme s’il était uniforme.
L’Allemagne est très fortement structurée autour des profils bitter et Spritz. La France conserve davantage de références locales et historiques. Aux Pays-Bas, les long drinks et cocktails à base de cola occupent encore une place importante. Le Royaume-Uni se distingue par le poids des spiritueux servis avec mixer, des shots et par une forte présence des cocktails à base de café.
Pour les marques de boissons, cela change considérablement la façon d’aborder l’innovation ou l’activation commerciale.
Un produit qui répond à la tendance dominante allemande n’aura pas nécessairement la même pertinence en France ou au Royaume-Uni.
La tendance est européenne. Les occasions de consommation, elles, restent locales.
Méthodologie
Cette analyse est issue des données transactionnelles Fyre collectées quotidiennement auprès d’environ 33 000 établissements européens directement connectés à leur système de caisse, parmi les établissements vendant des boissons alcoolisées : environ 5 607 en France, 12 925 en Allemagne, 9 262 au Royaume-Uni et 5 252 aux Pays-Bas dans le périmètre étudié.
Les données proviennent des tickets de caisse réels : il ne s’agit ni d’un panel déclaratif de consommateurs, ni d’une extrapolation à l’ensemble du marché. Les résultats décrivent donc le panel Fyre observé.
La catégorie étudiée est la taxonomie Fyre “Cocktails & Mixers”, qui comprend également les cocktails sans alcool et regroupe 22 familles selon notamment l’alcool de base.
Pour les classements par nom, Fyre identifie les cocktails à partir des libellés présents sur les tickets de caisse. Les cocktails nommément identifiés couvrent environ 79 % du chiffre d’affaires cocktails en Allemagne, 72 % aux Pays-Bas, 59 % en France et 36 % au Royaume-Uni. Les résultats britanniques par nom doivent donc être considérés comme indicatifs.
Les données H1 2026 couvrent janvier à juin pour l’Allemagne et les Pays-Bas, janvier à avril pour la France et janvier à juin hors avril pour le Royaume-Uni pour des raisons de complétude des données. Les évolutions annuelles sont calculées sur des panels comparables d’établissements présents sur les deux périodes, pour les cocktails en Europe.







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